2026 - Edito du 10 mai
Il est un chant de Noël Colombier, Aimez-vous les uns les autres, qui va bien avec notre évangile car il s’agit de recommandations, d’une invitation à une certaine manière de vivre, avec ce refrain qui est comme une supplication : Aimez-vous ! La langue française n’utilise qu’un seul verbe pour dire « aimer », alors que nous sommes en réalité capables d’exprimer 3 modes d’amour, trois façons différentes d’aimer. L’amour - Eros est propre à la rencontre amoureuse car il concerne l’attirance physique, le désir, le plaisir. L’amour – Phileo, c’est l’amour qui a souci de l’autre et qui implique respect et devoir. C’est l’amour pour ses semblables qui tend vers la tendresse, la générosité ; c’est l’amitié, un amour réciproque. L’amour - Agapè est celui que nous entretenons avec Dieu, un amour inconditionnel, désintéressé. L’amour dont Dieu nous aime est si profond et puissant qu’il ne finit jamais. C’est, je crois, ainsi que nous devrions l’aimer : pour ce qu’il est et non pour ce qu’il donne.
Alors d’après vous, de quel amour Jésus parle-t-il dans son évangile ? Ce n’est pas Eros, c’est un peu Phileo et c’est beaucoup Agapè. Sur la croix, Jésus s’est donné à nous sans rien attendre en retour. Eh bien, nous devrions nous aimer de cette manière les uns les autres… Bien que peu d’entre nous arrivent à manifester naturellement l’amour - Agapè, il se trouve pourtant en nous. Nous devons simplement apprendre à le montrer pour aimer comme Dieu. Il n’est pas question de nous forcer, de paraître, non, il faut nous laisser être nous-mêmes. Et c’est en vivant dans la foi chaque jour que va grandir cet amour - Agapè, que nous pourrons aussi le donner aux autres puisque nous sommes aimés. Ainsi plus nous aimons à la manière de Jésus, plus nous grandissons dans la foi et de plus en plus, le Seigneur Jésus ressuscité nous rencontre. Si on vous disait maintenant que le Pape Léon va venir dans une heure sonner à votre porte, pour prendre l’apéro, vous arrêteriez l’ordinateur et le smartphone et vous rangeriez votre appartement pour que, quand il entrera, rien ne choque son regard. Eh bien, c’est un peu pareil : L’Esprit Saint a envie de venir demeurer chez vous avec autant de plaisir que quand il est venu chez les Samaritains dont parle la 1re lecture. Et cette présence procure la joie.
Frère Manuel MAÏCAS, Dominicain