2026 - Edito du 19 juillet

Written by Pape François

Cet évangile nous apprend que le Royaume des Cieux se construit en même temps que celui de son adversaire. Le maître prend le temps avant d’écarter l’ivraie. Ce n’est qu’à la fin des temps qu’on séparera le bon grain de l’ivraie. En attendant, ils poussent ensemble et les serviteurs devront prendre soin, aussi bien de l’un que de l’autre. Ce champ est à l’image de notre monde. Celui-ci n’est pas encore arrivé à sa plénitude. La création de Dieu se poursuit jusqu’à son terme que nous ne connaissons pas encore. En particulier, le mal fait encore pousser son ivraie. Certes, la victoire de Dieu sur le mal est acquise par la résurrection du Christ. Mais elle n’est pas encore pleinement manifestée. Il nous revient alors de garder l’espérance de la voir un jour réalisée. En attendant, nous vivons en nous ce combat entre le bien et le mal. Même saint Paul le reconnaît : je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas (Rm 7, 19). Nous aussi, nous sommes pécheurs. Mais cela ne nous empêche pas de grandir en sainteté. Notre histoire, malgré le mal et le péché qui la défigurent, est une histoire sainte que Dieu accompagne de sollicitude et de sa grâce.

Cet évangile nous libère d’un idéal de pureté qui n’est pas accessible en ce monde. Il nous faut apprendre à persévérer dans la sainteté malgré le mal qui fait pousser en nous l’ivraie. Le maître dit bien : laissez-les pousser ensemble. Le maître a plus de patience envers nous que nous-mêmes ! Nous, on voudrait tout arracher d’un coup. Mais Dieu calme nos emportements. Si Dieu nous invite au calme et à la patience, c’est parce qu’il sait que d’un mal peut sortir un bien. Le bienheureux Jean-Joseph Lataste, dominicain et prédicateur en prison au 19e siècle, le proclamait en son temps : « Les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints ». La sainteté, tout comme la pureté, est une histoire, un chemin que nous parcourons patiemment. Mais gardons l’espérance : l’ivraie n’a pas d’avenir. Notre avenir, c’est le bon grain que Dieu a semé en nous et les bons fruits que nous aurons fait pousser.

                                                                                                  Frère Jean-Baptiste Régis, dominicain

2026 - Edito du 27 juin

Written by Pape François

Jésus demande à ses disciples de prendre au sérieux les exigences évangéliques, même quand cela demande des sacrifices et des efforts... Il dit: «Qui aime son père ou sa mère, […] son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi» (v. 37). Jésus n'entend certainement pas sous-évaluer l'amour pour les parents et les enfants, mais il sait que les liens de parenté, s'ils sont mis à la première place, peuvent dévier du vrai bien. Nous le voyons : certains cas de corruption dans les gouvernements ont précisément lieu parce que l'amour pour les proches est plus grand que l'amour pour la patrie, et des postes sont donnés aux parents. C'est la même chose avec Jésus : quand l'amour pour la famille est plus grand que celui pour Lui, cela ne va pas. Nous pourrions tous donner de nombreux exemples à cet égard. Sans parler de situations où les liens d'affection familiaux se mélangent avec des choix opposés à l'Evangile. Quand, en revanche, l'amour envers les parents et les enfants est animé et purifié par l'amour du Seigneur, alors il devient pleinement fécond et produit des fruits de bien dans la famille elle-même et bien au-delà de celle-ci. (...) Jésus dit ensuite à ses disciples : « Qui ne prend pas sa croix et ne vient pas à ma suite n'est pas digne de moi. » (v. 38). Il s'agit de le suivre sur la voie que Lui-même a parcourue, sans chercher de raccourcis. Il n'y a pas de vrai amour sans croix, c'est-à-dire sans un prix à payer en personne. C'est ce que disent tant de mères, tant de pères qui se sacrifient tant pour leurs enfants et qui supportent de véritables sacrifices, des croix, parce qu'ils aiment. Et portée avec Jésus, la croix ne fait pas peur, parce qu'Il est toujours à nos côtés pour nous soutenir à l'heure de l'épreuve la plus dure, pour nous donner force et courage.              (Pape François, Angélus, 28 juin 2020)

2026 - Edito du 21 juin

Written by Autre

Dans ce discours où il envoie ses disciples en mission, Jésus ne fait pas de vaines promesses : la tâche de ses amis sera ardue. Comme lui, ils feront face à une violente opposition. Jésus est lucide et désire que nous le soyons également : le suivre et parler en son nom peut mener sur des chemins périlleux. Dénoncer les injustices, refuser toute violence, prendre les armes de la compassion, de la vulnérabilité, de la paix, tout cela met en danger. La vie de Jésus en est une parfaite illustration. Pourtant, en conclusion de ces avertissements qui présagent des lendemains difficiles pour les disciples, Jésus répète à plusieurs reprises : « Ne craignez pas. » Car tout en envoyant ses disciples au-devant de probables difficultés, Jésus promet une vie qui surpasse celle du corps et il les assure de son soutien indéfectible. Il leur dit qu’il se « déclarera » pour eux. Ainsi ne faut-il pas entendre les mots qui concluent ce passage comme l’énoncé d’une condition sous le mode d’un donnant-donnant. Dieu n’est pas un parrain de la mafia qui dispense sa protection en échange de notre soumission. Il faut entendre ces mots comme une bonne nouvelle : en Dieu se trouvent notre force et notre vie. Cette vie est déjà dispensée mais Dieu, qui respecte infiniment la liberté de chacun, attend de nous que nous donnions notre consentement à recevoir son soutien, c’est-à-dire à nous « déclarer » nous aussi pour lui.

Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

2026 - 7 Juin - Le saint-sacrement du corps et du sang du Christ

Written by Autre

EN NOUS

« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » La question, posée par les Juifs et relayée par Jean, n’a-t-elle pas habité chacune, chacun d’entre nous à un moment de notre vie de croyant ? En évoquant un pain qui tombe du ciel, l’auditoire de Jésus a forcément en tête la manne tombant du ciel dans le livre de l’Exode, sans laquelle le peuple hébreu serait mort de faim. La promesse ici est différente, et c’est ce que Jésus veut souligner. Cette fois, le pain qu’il offre à travers sa chair donne la vie éternelle. C’est peut-être sur cette éternité qu’il nous faut porter notre attention. Plutôt que d’être un futur hypothétique, le don de Jésus nous fait participer, depuis ici et maintenant, à cette vie en abondance qui ne finit pas. Dans cette communion où Dieu vient demeurer en nous, la trame de notre existence s’ouvre à une autre manière d’être, tournée vers cette promesse d’éternité et ce qu’elle implique pour nos vies, si nous la prenons au sérieux. Ce Dieu qui vient demeurer en nous, c’est ce qui nous prémunit de réduire notre foi à une éthique. Mais c’est aussi l’aiguillon de l’amour qui nous presse de vivre la communion telle que le Christ l’a enseignée. Et s’il y a forcément quelque chose qui nous dépasse dans ce médium qu’est l’hostie, son humilité correspond bien à la simplicité évangélique. Dans un bout de pain peut se tenir une puissance de salut.

                                              Marie Leduc-Larivé, théologienne     

2026 - Edito du 31 mai

Written by Autre

Les chrétiens sont baptisés "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit". Et lorsqu'ils commencent leur prière, ils se marquent du signe de la croix sur le front, le cœur et les épaules en invoquant Dieu "Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit" : c’est la Trinité.

L’affirmation que Dieu est unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts, comme le Christ l’enseigne à ses apôtres lorsqu’il leur dit "Allez et baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". "

Il n’y a pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes. "

La Trinité est Une, d’où le mot « Trinité », dérivé de « trois » et de « unité ». Il n’y a pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ils sont un seul et même Dieu parce qu’ils n’ont qu’une seule et même nature, une seule et même divinité.

La compréhension de ce mystère divin ne peut être perçue que par la foi. L’être humain ne peut concevoir un Dieu unique en trois personnes. C’est Dieu qui révèle le mystère de son amour par l’envoi de son Fils, puis de l’Esprit saint, le jour de la Pentecôte.

Jésus nous révèle que Dieu est « Père », et qu’il n’existe que par son Père. Et Jésus promet à ses apôtres le don de l’Esprit saint qui sera avec eux et en eux. Ainsi, Jésus nous le fait connaître comme une autre personne divine.

« Nous croyons fermement et nous reconnaissons qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, trois personnes mais une seule substance, une seule nature » (IVe Concile du Latran, 1215).

D’après la CEF

2026 - Edito du 24 mai

Written by Père BELIN

Séquence

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.

 

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle.

Amen

 

La fête de la Pentecôte clôture le temps pascal. Je pourrais dire aussi que cela se termine en apothéose. En effet Jésus nous a promis de ne pas nous abandonner et de nous donner le Défenseur, le Paraclet !  

« Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Son absence n’est pas une absence creuse ou vie, elle est une présence autre, habitée par le souffle commun qui les anime, Lui Jésus et le Père. Et nous sommes habités par ce souffle au cœur de cette communion qui règne au sein de la Trinité ! Nous ne sommes pas seuls ! Nous ne sommes pas abandonnés mais comblés ! Soyons dans la joie et la confiance !

                                                                                                         

2026 - Edito du 17 mai

Written by Autre

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. » Le tableau, certes un peu idéalisé, que les Actes dressent des disciples réunis après l’Ascension met en relief une caractéristique essentielle de la prière chrétienne : elle engage à la fois l’intériorité de chacun et la vie du groupe. Ces deux aspects sont indispensables. Une foi qui ne touche pas en profondeur une personne, qui ne rejoint ni son expérience ni sa compréhension du monde, conduit tôt ou tard à une forme d’aliénation. L’histoire montre que bien des croyants se sont vu imposer une foi, y compris chrétienne, sans véritable écho intérieur ; il en est souvent résulté une adhésion superficielle et une source de malaise. À l’inverse, une foi vécue dans un isolement complet appelle à la vigilance. Lorsqu’une conviction n’est partagée par personne, il est sage de prendre du recul et d’examiner avec soin ses certitudes personnelles. Comme éditeur, je reçois trop souvent des manuscrits de personnes convaincues d’avoir reçu une révélation pour le moins singulière. La sagesse de Dieu se manifeste dans la manière dont il se révèle aux disciples. Jésus ressuscité dissipe les doutes de Thomas afin qu’il puisse accueillir pleinement la foi qui s’élabore. Mais pour l’assimiler et la faire mûrir, Thomas s’appuie sur les autres. Ce qu’il pressent comme juste est alors relu, confronté et affiné au cœur de la communauté des croyants.                              Jonathan Guilbault