2026 - Edito du 19 avril

Written by Frère VERDIN

Je discutais avec un catéchumène à propos des disciples d’Emmaüs. Et il me dit : « Ce qui me bouleverse, c’est la course à rebours des disciples. » Mais c’est pourtant vrai ! À l’aller, ils traînent la savate dans la poussière. Leur énergie est à plat. Ils s’éloignent dépités de la ville sainte. Jésus est mort… Leurs rêves sont anéantis. Ils espéraient tant un nouveau David, un jeune roi qui chasserait l’occupant, qui rétablirait la fierté du Royaume de Juda ! Mais non, une fois encore, ce sont les violents et les insensés qui gagnent ! Et puis il y a cette rencontre inouïe, merveilleuse, et le pain rompu à la tombée du jour… Alors, dans la nuit, sous les étoiles, ils remontent à Jérusalem. Ils courent comme des fous. Ils ont le cœur brûlant, des larmes de joie ruissellent sur leur visage. Nuit lumineuse. La plus belle nuit de leur vie. La nuit d’une joie inoubliable, inespérée, immense, éternelle.

Avez-vous remarqué ? Après la résurrection, tout le monde se met à courir : Jean et Pierre au tombeau, Marie-Madeleine court vers le cénacle, les disciples d’Emmaüs… Il y a comme une accélération du tempo. La Résurrection crée une ambiance électrique, accélère les battements du cœur, donne du souffle, désankylose les corps et les cœurs. Comme pour des fiancés, c’est l’amour qui donne des ailes ! Ce ne sont pas des courses vaines ou une agitation frénétique. C’est un mouvement plein d’espérance, un mouvement vif de communion entre les disciples. Une joie fondatrice et dynamique. Alors reconnaissons-le : cette vivacité de la foi, de la joie n’est pas toujours notre lot. Nous ne courons pas toujours pour aller à la messe ! Nous ne sommes pas toujours pressés de prier. Nous n’avons pas toujours le cœur brûlant pour annoncer la bonne nouvelle à nos voisins.

Alors je vous propose un exercice pratique pour retrouver cette fraîcheur, cette allégresse, cette vivacité : si vous le pouvez, une nuit, vous vous levez, vous enfilez un blouson ou une robe de chambre et vous sortez dans la nuit. Vous respirez dans le silence et l’obscurité, vous levez la tête et vous regardez les étoiles. Et vous redites les versets du psaume 15 que nous entendons aujourd’hui à la messe : « Même la nuit, mon cœur m’avertit. Mon cœur exulte, mon âme est en fête ! » Vous restez un moment à regarder les étoiles avec le cœur ouvert. Peut-être sentirez-vous alors la douce présence du Seigneur à vos côtés. Oui, que le Seigneur soit le radieux compagnon de chaque instant de notre vie, comme il le fut pour Cléophas et l’autre disciple. Que le Seigneur brûle en nos cœurs palpitants.                             

Frère Philippe VERDIN

2026 - Edito du 5 avril

Written by Père BELIN

Nous fêtons Pâques ! Et nous sommes heureux ! Et nous chantons à nouveau Alléluia, et Gloire à Dieu ! Cela fait du bien !

Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas là pour fêter un anniversaire, mais que nous sommes-là pour célébrer l’aujourd’hui de DIEU dans nos vies. Et plus particulièrement les Passages, les Pâques que la Pâque de Jésus nous fait vivre aujourd’hui. Quand nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus nous sommes invités qu’en étant plus fort que la mort, Jésus nous invite faire la même chose. Et cela n’est pas se faire illusion où fuir la réalité. Non. Dans notre quotidien nous sommes invités à aller sur l’autre rive, à passer des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie. Et en ces périodes troublées, nous sommes appelés à être remplies de joie, de confiance et d’espérance. Alors ! Oserons-nous ? Oui il le faut ! Et nous avons à nous laisser conduire, ou plutôt portés par Celui qui le premier nous ouvre les portes de la Vie pour qu’avec Lui nous ayons la vie en Vérité ! Alors soyons dans la joie, et dans la réalité de nos vies chantons : Alléluia le Christ est vraiment ressuscité !

2026 - Edito du 29 mars

Written by Père BELIN

Nous entrons dans la grande semaine ! La semaine Sainte !

Les RAMEAUX et LA PASSION ! La MESSE CHRISMALE ! Le JEUDI SAINT ! Le VENDREDI SAINT ! Le SAMEDI SAINT et la VEILLEE PASCALE ! Le JOUR DE PAQUES !

C’est toute notre vie qui est concerné par ce grand mystère de la foi que nous célébrons ! Et c’est avec tous nos sens que nous allons vivre cette semaine !

Le dimanche des Rameaux et de la Passion nous fait rentrer dans la semaine sainte au cours de laquelle nous célébrons « les mystères les plus importants de notre salut » (Pie XII). « Le Triduum de la Passion et de la Résurrection du Seigneur brille (…) comme le sommet de l’année liturgique », lit-on dans les normes universelles de l’année liturgique.

Rien d’étonnant donc que la liturgie de ces fêtes pascales soit particulièrement riche en lectures mais aussi en gestes : bénédiction des Rameaux le dimanche ; rituel du lavement des pieds lors de la messe du Jeudi saint ; vénération de la Croix après la lecture de la Passion le Vendredi saint ; bénédiction du feu et illumination des cierges au cours de la Vigile pascale… Sans oublier la bénédiction de l’huile pour les malades et de celle pour les catéchumènes, et la consécration du saint-chrême lors de la messe chrismale présidée par l’évêque.

En sollicitant tous nos sens, ces différents rites nous font éprouver combien la foi chrétienne est une foi concrète, incarnée. Une foi qui saisit tout ce qui a besoin d’être sauvé en nous (esprit, cœur et corps) et attend de nous un engagement de tout notre être. Car le salut qui nous vient de Dieu est intégral. Belle semaine sainte.

 

2026 - Edito du 22 mars

Written by Père

Lorsque le sépulcre fut ouvert, Jésus s’écria : “Lazare, viens dehors !” Le prénom Lazare était issu du nom grec Eléazar qui veut dire secours de Dieu. Lazare devient ainsi le prélude à l’annonce de Jésus :

“L’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront ” (Jn 5,25). Jésus a tout pouvoir sur la mort parce qu’il l’a sur le péché qui en est sa cause. Aussi, en quelque sorte, les bandelettes qui bandent et qui retiennent Lazare représentent non seulement les attaches du shéol mais aussi celles du péché.

Le pape François explique cela ainsi : “Le geste avec lequel Jésus ressuscite Lazare montre jusqu’où peut arriver la force de la Grâce de Dieu, et de ce fait, jusqu’où peut aussi arriver notre conversion, notre changement. Il n’y a pas de limite à la miséricorde divine offerte à tous ! Le Seigneur est toujours prêt à soulever la pierre tombale de nos péchés qui nous sépare de Lui, lumière des vivants ”. Arrêtons-nous à considérer aussi que Jésus n’agit pas directement sur Lazare puisqu’il compte sur la médiation de ceux qui le détachent. L’on peut ainsi comprendre que ces collaborateurs symbolisent aussi les ministres qui, dans l’Église, nous absolvent de nos péchés.

2026 - Edito du 15 mars

Written by Père

Qu’est-ce qui caractérise le dimanche de Laetare ?

Ce nom vient du chant d’entrée, introït, de la messe du quatrième dimanche de Carême qui était tiré du livre d’Isaïe (Is 66, 10-11) : Lætare, Ierusalem (…). L’antienne d’ouverture de cette messe dans le Missel romain actuel reprend cet introït, avec dans la version francophone de 2021, la traduction suivante : Réjouis-toi, Jérusalem ; vous tous qui l’aimez, rassemblez-vous. Jubilez de sa joie, vous qui étiez dans la tristesse ; alors vous exulterez, vous serez rassasiés de consolation. Les textes propres de cette messe sont précédés par la note suivante : En cette messe, on utilise la couleur violette ou rose, le son des instruments est admis et l’autel peut être orné de fleurs. Cette mention désigne le caractère de pause au milieu du Carême. En effet, ce dernier étant de 40 jours, le quatrième dimanche vient au 25e jour soit un peu après le milieu du parcours. La discipline habituelle du Carême en tant que temps de pénitence, est comme adoucie par certains aspects qui sont normalement omis : couleur liturgique, usage des instruments de musique, et fleurs. C’est une manière d’anticiper la joie des fêtes de Pâques. En fait, tout le Carême est sous le signe de la joie ! Ce n’est pas d’abord un temps triste et de pénitence, même si l’on fait des efforts. C’est le temps de la préparation au baptême pour les catéchumènes, de démarche baptismale et de conversion pour tous. Cet entraînement, cette forme d’ascèse sont plutôt joyeux. De même que la sobriété à laquelle la crise climatique nous appelle peut-être source de joie.

2026 - Edito du 8 mars

Written by Père BELIN

Au cœur du Carême, le 3ème dimanche renouvelle l’appel à la conversion. Il est également l’occasion de célébrer le 1er scrutin avec les catéchumènes qui se préparent à recevoir les sacrements de Pâques, en méditant l’Évangile de la Samaritaine.

Nous sommes aussi invités à vivre ce jour-là un temps mémoriel pour les personnes victimes d’abus. Nous devons entendre l’appel à la lucidité devant notre péché personnel et collectif, ne pas refuser le chemin de conversion comme itinéraire de retour vers Dieu, accueillir la grâce de devenir témoin pour une vie nouvelle.

Que nous dit cette belle rencontre entre Jésus et la Samaritaine ? Déjà c’est une rencontre, improbable. A midi, ce n’est pas une heure pour aller puiser ; une femme païenne qui est interpellée par un Rabbi ; deux individus seuls. Il y a beaucoup à dire ! Mais c’est dans ces improbabilités que la rencontre a lieu. De là, va naître la foi. Jésus a soif de la foi de cette femme. Jésus a soif de notre foi à chacun et chacune d’entre nous.

Que répondons-nous à Jésus qui nous dit avoir soif de chacun et chacune d’entre-nous ? Donne-moi à boire nous dit Jésus. Donne-moi ta vie… Avec toi je vais en faire quelque chose de beau. Mais pour l’entendre il nous faut donner la possibilité à la rencontre… Laissons cela possible ! Rien n’est improbable !  Rien n’est impossible à Dieu ! Ecoutons-le ! Entendons-le nous dire j’ai soif ! Et nous pourrons à notre tour dire j’ai soif de toi Seigneur !  Amen

2026 - Edito du 1er mars - Pape François

Written by Pape François

Au terme de l’expérience admirable de la Transfiguration, les disciples descendirent de la montagne (cf. v. 9) les yeux et le cœur transfigurés par la rencontre avec le Seigneur. C’est le parcours que nous pouvons accomplir nous aussi. La redécouverte toujours plus vivante de Jésus n’est pas une fin en soi, mais elle nous pousse à «descendre de la montagne», revigorés par la force de l’Esprit divin, pour décider d’accomplir de nouveaux pas de conversion et pour témoigner constamment de la charité, comme loi de la vie quotidienne.

Transformés par la présence du Christ et par l’ardeur de sa parole, nous serons le signe concret de l’amour vivifiant de Dieu pour tous nos frères, en particulier pour ceux qui souffrent, pour ceux qui se trouvent dans la solitude et dans l’abandon, pour les malades et pour la multitude d’hommes et de femmes qui, dans différentes parties du monde, sont humiliés par l’injustice, l’abus de pouvoir et la violence.

Pape François, Angélus du 6 août 2017