2026 - Edito du 1er mars - Pape François
Au terme de l’expérience admirable de la Transfiguration, les disciples descendirent de la montagne (cf. v. 9) les yeux et le cœur transfigurés par la rencontre avec le Seigneur. C’est le parcours que nous pouvons accomplir nous aussi. La redécouverte toujours plus vivante de Jésus n’est pas une fin en soi, mais elle nous pousse à «descendre de la montagne», revigorés par la force de l’Esprit divin, pour décider d’accomplir de nouveaux pas de conversion et pour témoigner constamment de la charité, comme loi de la vie quotidienne.
Transformés par la présence du Christ et par l’ardeur de sa parole, nous serons le signe concret de l’amour vivifiant de Dieu pour tous nos frères, en particulier pour ceux qui souffrent, pour ceux qui se trouvent dans la solitude et dans l’abandon, pour les malades et pour la multitude d’hommes et de femmes qui, dans différentes parties du monde, sont humiliés par l’injustice, l’abus de pouvoir et la violence.
Angélus du 6 août 2017A
2026 - Edito du 22 février
Notre démarche de Carême :
Ça y est, nous sommes partis en route sur les chemins de Carême. Un livret de carême est disponible à l’entrée de l’église pour cheminer tranquillement avec les dates et lieux des cérémonies. Un passage de l’évangile du dimanche pour nourrir votre prière. Chaque semaine de Carême une permanence confession vous est proposée pour vivre le sacrement de la réconciliation.
Cette démarche du sacrement du pardon est importante car elle nous permet de faire l’expérience de la miséricorde du Seigneur, passer de notre misère au cœur de Dieu qui nous libère, nous relève et fais de nous des êtres renouvelés.
Le sacrement du pardon n’efface pas, il transforme. Il ne fait pas oublier, il donne du sens. Alors profitons de ce Carême pour renouer avec ce sacrement de guérison.
Dieu notre Père, en ce début de Carême nous nous tournons vers toi.
Mets en nous un cœur nouveau.
Toi qui connais notre péché, donne-nous en plénitude ta grâce qui nous rend justes.
Que ta Parole soit notre unique trésor et nous pourrons choisir avec toi
ce qui conduit à la vie,
par Jésus, le Christ, notre Seigneur, qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit,
maintenant et pour les siècles des siècles.
(Prière d’ouverture de la messe de ce dimanche)
2026 - Edito du 8 février
Vous êtes de sel de la terre ! Vous êtes la lumière du monde ! Nous dit Jésus. Franchement avons-nous conscience de cela ?
Nous avons plutôt envie de penser cela de Jésus ! Mais non, vous avez bien compris, c’est bien à nous que Jésus dit cela !
Alors, concrètement comment accueillons-nous cette Parole ? Comment la comprenons-nous ?
Il nous faut déjà accepter que dans la foi, Dieu le Père est le premier à croire en nous. La preuve il nous donne son Fils, Jésus. La seconde chose c’est de découvrir que Dieu compte sur nous. Il ne va pas faire tout le boulot. Il nous appelle et il nous envoie. Rappelons-nous sans cesse que nous sommes des disciples, mais pas seulement, nous sommes également missionnaires. C’est pour cela que Jésus nous rappelle que nous sommes lumière du monde, parce que nous avons à porter la Parole. Parole que nous avons reçue, car Dieu est toujours le premier à l’œuvre. Et si nous sommes lumière, c’est bien que l’avons reçue au jour de notre baptême. Ce que nous sommes, nous le sommes parce que nous l’avons reçue. Et ce que nous recevons nous ne pouvons et ne devons pas le garder pour nous, mais devons le transmettre. La terre et le monde sont là qui nous attendent, et nous allons humblement et modestement leur apporter ce que nous avons reçu, pour le faire connaître à d’autres ! Et en ce sens notre lumière doit briller. C’est le thème retenu par la pastorale de la santé aujourd’hui. Cela ne lui est pas propre et réservé, c’est à l’ensemble des baptisés !
Alors au cœur de notre monde, accueillons la lumière de Dieu et faisons là briller pour tous avec joie et dans la foi
2026 - Edito du 1er février
Discours-programme, poème inaugural, hymne au bonheur, autoportrait du Christ... Il y a bien des façons de lire les Béatitudes, et aucune ne les épuise. Il arrive aussi que ce discours paradoxal demeure impénétrable à celui qui l'écoute, comme s'il restait trop abstrait. Que signifie, concrètement, être « pauvre de cœur », avoir le « cœur pur » ou être « persécuté pour la Justice », quand on a une vie calme et linéaire, sans événement notable, sans surprise et sans drame ? Que veulent dire ces Promesses célestes, « la terre en Héritage », la « satiété » ou la « grande Récompense dans les Cieux », quand on croit tranquillement au Paradis, sans rien demander de plus ? Contrairement à d'autres propos du Christ, il me semble qu'il faut au moins une vie entière pour entrer dans l'intelligence profonde des Béatitudes. Car c'est un texte qu'il est délicat d'appliquer à autrui. Dire à un ami, qui pleure ou qui est persécuté, qu'il est alors heureux, ce peut facilement être pris comme une violence, un déni de sa souffrance présente. C'est seulement lorsque l'on expérimente soi-même ces situations de peine, de combat ou de choix à faire entre la vengeance et la bonté, que l'on peut saisir quel bonheur le Seigneur nous y réserve, et quel avenir Il nous laisse alors entrevoir. Les Béatitudes sont un discours-miroir dans lequel nous pouvons nous reconnaître, le jour où il nous est donné de Le regarder en face. Et ce jour-là, enfin, le mot de « Bonheur » cesse d'être une abstraction.
Père Martin Charcosset dans Magnificat n°362
2026 - Edito du 25 janvier
Si je devais donner un nom à ce passage d’Evangile ce serait celui de mouvement. En effet, si je peux me permettre, ça bouge dans tous les sens ! Jésus quitte la tranquillité de Nazareth, pour aller à Capharnaüm ville où ça bouge énormément : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
Et là Jésus se met en route, il proclame : « Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. » C’est comme une inauguration de son ministère ! Il proclame et il parcourt le pays.
D’une certaine manière il prend la suite de Jean le Baptiste qui a été incarcéré. Jésus prend le relais et d’une certaine manière nous fait comprendre que l’on n’enchaîne pas la Parole. Et Jésus marche au bord de la mer. C’est presque d’une banalité affligeante. Au cours de cette marche, Jésus s’arrête et appelle. Il fait irruption dans la vie de Pierre et d’André et il les appelle, simplement.
« Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Il y a urgence ! Jésus n’est plus seul, ils sont trois et le chemin continue… Il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Impressionnant ! Ils ne posent pas de question, ils laissent tout et se mettent en route aussi ! La mission commence ! Ils sont coopérateurs de cette annonce de l’Evangile.
Il en est de même pour nous ! Le Seigneur passe dans nos vies. Il fait irruption et nous appelle ! Qu’allons-nous lui répondre ? Allons- nos le laisser nous bousculer ? Allons-nous le suivre en vérité, sans conditions ? Ecoutons-le et osons !
2026 - Edito du 18 janvier
Il est surprenant que l’Evangile de ce jour, chez Jean, commence par la fin. Je m’explique. Lorsque tout commence pour le ministère public de Jésus, voici que Jean le Baptiste le désigne et le proclame comme l’Agneau de Dieu. Alors qu’en toute logique, cela ne peut se faire qu’après la mort et la résurrection de Jésus. Mais Jean, en s’adressant à la communauté pour qui il écrit cet Evangile, cette Bonne Nouvelle signifie que c’est cet Agneau de Dieu qu’il leur faut découvrir, connaître et aimer.
L’agneau évoque la fragilité, non la puissance. Mais il s’agit ici de l’Agneau de Dieu. Or la fragilité, lorsqu’elle est dans les mains de Dieu, peut devenir forte et puissante, de la force et de la puissance divines. Des textes anciens de la tradition juive décrivent cet agneau humble et misérable qui se détache du troupeau pour le défendre et vaincre ceux qui l’attaquent. L’Apocalypse reprend l’image avec celle de l’Agneau égorgé qui siège sur le trône. Jésus a choisi de servir et de donner sa vie. Il a été relevé d’entre les morts. Il est l’Agneau de Dieu vainqueur.
Nous sommes donc dans cette dynamique et nous aussi il nous faut découvrir cet Agneau Vainqueur. Dans l’Evangile de Mathieu le centurion dira au chapitre 27 : « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ». Jean nous le présente ici comme l’Agneau de Dieu. Une même réalité que nous avons à découvrir, à vivre et à célébrer !
2026 - Edito du 11 janvier, Baptème du Seigneur
C’est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa naissance à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés. Aujourd’hui, tous ceux qui entourent le Baptiste, c’est-à-dire ses disciples et la foule venue aux bords du Jourdain, sont témoins d’une manifestation plus solennelle, que Jean soulignera d’ailleurs lui-même.
Elle comporte deux aspects : l’aspect d’humilité représenté par le baptême auquel le Seigneur se soumet. L’aspect de gloire représenté par le témoignage humain que lui rend Jean le Baptiste et le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils, la garantie que cet homme appartient bien à la Trinité divine.
Ces deux aspects sont à retenir dans l’histoire des hommes comme dans la vie intérieure et spirituelle de chaque homme. Les séparer, c’est commettre une erreur. Nous ne pouvons pas nous approcher du Christ glorifié sans nous approcher en même temps du Christ humilié, ni nous approcher du Christ humilié sans nous approcher du Christ glorifié.
Nous ne pouvons approcher et accueillir les hommes nos frères qu’en acceptant leur humble condition, leurs misères, leurs limites et, dans le même temps, de voir en eux des fils de Dieu, bien-aimés par le Père, appelés à partager la gloire du Royaume.
La grâce du baptême
Étant la plénitude de notre humanité, Jésus, en recevant le baptême johannique a fait plus qu’approuver et confirmer un rite. Il l’a transformé en consumant en Lui l’imparfait par le parfait. Lui qui était sans péché, il s’est fait porteur de nos péchés et c’est au nom de nous tous qu’il a fait ce geste public de repentance, nous enseignant dans le même temps la nécessité de la conversion et de la pénitence.
En évoquant cet événement de la vie du Christ, nous devons dépasser l’horizon du baptême johannique pour nous rappeler que nous avons été baptisés en Christ. Cette grâce baptismale que nous avons reçue, inconscients, dans notre enfance, nous avons à la confirmer chaque jour par un libre choix. L’Épiphanie est non seulement la fête du Baptême du Christ, elle est celle de notre baptême dont nous avons à raviver la grâce qu’il nous a conférée.