2026 - Edito du 30 Août : Angélus du Pape François, 3 septembre 2017

Written by Pape François

La tentation est toujours, aujourd’hui également, de vouloir suivre un Christ sans croix, ou plutôt d’enseigner à Dieu la bonne voie (…), Mais Jésus nous rappelle que sa voie est la voie de l’amour, et il n’y a pas de véritable amour sans le sacrifice de soi. Nous sommes appelés à ne pas nous laisser absorber par la vision de ce monde, mais à être toujours plus conscients de la nécessité et de la difficulté, pour nous chrétiens, d’avancer à contre-courant et sur un chemin qui monte. Jésus complète sa proposition par des paroles qui expriment une grande sagesse toujours valable, parce qu’elles défient la mentalité et les comportements égocentriques. Il exhorte : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera » (v. 25). Dans ce paradoxe est contenue la règle d’or que Dieu a inscrite dans la nature humaine créée dans le Christ : la règle selon laquelle seul l’amour donne sens et bonheur à la vie. Dépenser ses talents, ses énergies et son temps seulement pour se sauver, se protéger et se réaliser soi-même, conduit en réalité à se perdre, c’est-à-dire à une existence triste et stérile. En revanche, si nous vivons pour le Seigneur et fondons notre vie sur l’amour, comme l’a fait Jésus, nous pourrons savourer la joie authentique et notre vie ne sera pas stérile, elle sera féconde.(…) Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a suivi Jésus jusqu’au Calvaire, nous accompagne nous aussi et nous aide à ne pas avoir peur de la croix, mais avec Jésus cloué, pas une croix sans Jésus, la croix avec Jésus, c’est-à-dire la croix de la souffrance par amour de Dieu et de nos frères, parce que cette souffrance, par la grâce du Christ, est féconde de résurrection.

 

2026 - Edito du 23 Août : Homélie du Pape Léon XIV du 29 juin 2025

Written by Pape Léon XIV

Au cœur de l'Évangile que nous avons entendu, il y a précisément la question que Jésus pose à ses disciples, et qu'il nous adresse aussi aujourd'hui, afin que nous puissions discerner si le cheminement de notre foi conserve son dynamisme et sa vitalité, si la flamme de la relation avec le Seigneur est encore allumée : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 16, 15).

Chaque jour, à chaque heure de l'histoire, nous devons toujours prêter attention à cette question. Si nous ne voulons pas que notre être chrétien se réduise à un héritage du passé, comme nous l'a souvent rappelé le pape François, il est important de sortir du risque d'une foi fatiguée et statique, pour nous demander : qui est Jésus-Christ pour nous aujourd'hui ? Quelle place occupe-t-il dans notre vie et dans l'action de l'Église ? Comment pouvons-nous témoigner de cette espérance dans notre vie quotidienne et l'annoncer à ceux que nous rencontrons ? Frères et sœurs, l'exercice du discernement, qui naît de ces questions, permet à notre foi et à l'Église de se renouveler continuellement et d'expérimenter de nouvelles voies et de nouvelles pratiques pour l'annonce de l'Évangile. Cela, avec la communion, doit être notre premier désir.

                                                  (Léon XIV, Homélie du 29 juin 2025)

2026 - Edito du 16 Août

Written by Père BELIN

Il y a des jours où rien ne semble aller comme on l’a prévu ! Il en est de même pour cette journée de Jésus et ses disciples !

Les plans de Jésus sont bouleversés. Il est venu pour les brebis perdues d’Israël et voilà qu’une Cananéenne vient le perturber !  Les disciples sont exacerbés par les cris de cette femme, eux qui voulaient passer du bon temps avec Jésus et prendre le temps justement du calme et de l’enseignement qu’il allait leur proposer.  Rien ne semble aller ! Et pourtant Jésus finira par dire à cette femme « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et c’est ce qui adviendra ! Elle est bien la seule qui aura ce qu’elle avait prévue ! Car lui dit Jésus : « Grande et ta Foi ! » Ne nous arrêtons à ce qui de prime abord semble nous arrêter dans notre élan. Et comme cette femme soyons des persévérants ! Cassons les oreilles au Bon Dieu avec nos demandes ! Non pas des demandes vides et creuses, mais des demandes justes et vraies, habitées par la Foi ! Si vraiment nous sommes habités par la Foi, nous sommes sûres de recevoir ce dont nous avons besoin ! Alors aidons-nous les uns les autres à nous tourner avec confiance vers le Seigneur et à nous motiver dans cette relation de confiance !

Amen !

2026 - Edito du 15 Août

Written by Autre

15 août : l’Assomption, ancienne fête nationale de la France

L’Assomption est une fête mariale du calendrier liturgique des catholiques mais ce fut aussi une fête nationale.

En France, le 15 août est devenue la fête nationale en 1638, suite à un vœu de Louis XIII et le demeurera jusqu’en 1830 (exception faite de la période révolutionnaire).

Le Second Empire rétablit le 15 août, la fête nationale de la France, jusqu’en 1869En 1880, la fête nationale a été placée le 14 juillet, elle demeure à cette date. Du point de vue religieux, c’est la principale fête mariale du calendrier liturgique catholique aussi bien qu’orthodoxe (ces derniers parlent de Dormition plutôt que d’Assomption). Processions, méditations, rassemblements, messes vont se succéder en France où l’on ne compte pas moins d’un sanctuaire marial par diocèse. L’Assomption célèbre tout à la fois la mort, la résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de la Vierge. Célébrée dès le IVe siècle à Antioche puis, le siècle suivant, en Palestine, la fête de l’Assomption a été fixée au 15 août par l’empereur byzantin Maurice (582-603). En 813, cette date a été adoptée par l’Empire de Charlemagne. Mais, ce n’est qu’en 1950 qu’elle deviendra un dogme dans l’Église catholique de Rome alors qu’il n’y a pas de base scripturaire l’attestant. Cette fête ne repose, en fait, que sur la tradition populaire. D’ailleurs, les calvinistes et les luthériens rejettent ce dogme. Quant aux méthodistes, ils ne vouent aucun culte à la Vierge. Le vœu de Louis XIII est un texte législatif, soumis au Parlement de Paris et ratifié par le roi Louis XIII le 10 février 1638. Ce texte consacre le royaume de France, le roi et ses sujets sous la protection de la Vierge Marie. La reine se savait enceinte, l’espoir était que tout se passe bien pour qu’elle donne à la France un héritier. Le futur Louis XIV naîtra le 5 septembre de la même année.

Cette consécration du royaume de France à la Vierge sera confirmée par Louis XIV le 25 mars 1650, puis renouvelée par Louis XV en 1738, à l’occasion du centenaire du vœu. Lors de la Révolution française, l’Assemblée législative abolira la consécration de la France à la Vierge, le 14 août 1792. À la Restauration, Louis XVIII la rétablira, en août 1814. Sous la monarchie de Juillet, la célébration du vœu de Louis XIII est définitivement abolie par le roi Louis-Philippe, en août 1831. Le 15 août demeure une fête particulièrement populaire en France où la journée est fériée et chômée.

2026 - Edito du 2 Août

Written by Père BELIN

Il y a des jours où notre cœur ressemble à ce lieu désert où Jésus s'était retiré. Fatigués par le bruit du monde, affaiblis par nos propres manques, nous ressentons une faim que rien ne semble pouvoir combler. Nous cherchons à acheter notre bonheur, à consommer du sens, mais le prophète Isaïe nous arrête : « Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas ? »

Face à nos déserts, le Christ ne renvoie pas la foule. Sa première réaction n'est pas un jugement, mais une immense compassion. Il voit notre faim de vérité, d'amour et de paix. Et au lieu de faire un miracle à partir de rien, il se tourne vers ses disciples — il se tourne vers nous — et pose cette exigence bouleversante : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Seigneur, que voulons-nous que nous fassions ? Nous n'avons que cinq pains et deux poissons. Qu'est-ce que cela pour tant de misère, tant de solitudes, tant de guerres ? Notre pauvreté nous paralyse.

C’est alors que le miracle commence. Jésus ne nous demande pas d'avoir des réserves infinies. Il nous demande simplement de lui apporter le peu que nous avons. Nos petits efforts, notre patience fragile, notre temps compté, notre amour imparfait.

Il prend ce peu. Il lève les yeux au ciel. Il rend grâce. Il rompt les pains.

Entre ses mains, le peu devient surabondance. Parce que la logique de Dieu n'est pas celle du calcul, mais celle du don. Quand nous gardons nos cinq pains pour nous, nous mourons de faim. Quand nous les offrons, ils nourrissent une multitude, et il en reste encore douze paniers pleins.

Cette table que Jésus dresse au désert, c'est l'Eucharistie de chaque dimanche. C'est le lieu où rien, comme le crie saint Paul, absolument rien ne peut nous séparer de son amour. Nous y venons les mains vides, nous en repartons comblés, investis à notre tour de la mission de rompre le pain de la fraternité pour le monde.

2026 - Edito du 26 juillet

Written by Autre

La Parabole du Trésor Caché dans le champ porte une idée relativement simple : la valeur du Royaume est incommensurable et il est bon de tout consacrer pour le faire sien. Le Royaume est plus désirable qu’aucune autre valeur, jouissance, sécurité ou confort – que cette vie ne saurait nous donner. La parabole, cependant, conserve une sorte de difficulté dans son interprétation, car il ne s’avère pas si simple de trouver ce trésor. Jésus ne cesse de l’affirmer : le Royamume est dans le monde, à  portée de main. S’il est si accessible, comment le découvrir ? L’une de nos grandes difficultés est que, spontanément, nous cherchons le Royaume à l’extérieur de nous-mêmes, tellement nous sommes convaincus de ne pas être des fils et des filles du Royaume. Saint Augustin a vécu la même expérience : « Et voici que tu étais au-dedans de moi, et moi, au dehors de moi-même et c’est là que je te cherchais. »

 

Mais précisément, puisque le Seigneur nous a donné l’Esprit de vérité et q’il a fait de nous ses fils, la parabole prend alors un autre sens possible, le champ n’est autre que mon cœur : un trésor est caché dedans. Découvrir dans sa vie la puissance du salut de Dieu conduit à tout mettre en œuvre pour vivre de ce salut dès à présent. Voici donc en quoi consiste l’achat de ce champ : vivre sa foi au risque du monde, cultiver la prière et la charité comme une seconde nature, laisser le Christ vivre en nous par la puissance de son Esprit. Le Royaume des Cieux lève en nous, en nous donnant de le manifester au-dehors pour tous les hommes et toutes les femmes qui y aspirent.

                                                                 Père Sylvain BRISON,  Revue Magnificat

 

2026 - Edito du 19 juillet

Written by Pape François

Cet évangile nous apprend que le Royaume des Cieux se construit en même temps que celui de son adversaire. Le maître prend le temps avant d’écarter l’ivraie. Ce n’est qu’à la fin des temps qu’on séparera le bon grain de l’ivraie. En attendant, ils poussent ensemble et les serviteurs devront prendre soin, aussi bien de l’un que de l’autre. Ce champ est à l’image de notre monde. Celui-ci n’est pas encore arrivé à sa plénitude. La création de Dieu se poursuit jusqu’à son terme que nous ne connaissons pas encore. En particulier, le mal fait encore pousser son ivraie. Certes, la victoire de Dieu sur le mal est acquise par la résurrection du Christ. Mais elle n’est pas encore pleinement manifestée. Il nous revient alors de garder l’espérance de la voir un jour réalisée. En attendant, nous vivons en nous ce combat entre le bien et le mal. Même saint Paul le reconnaît : je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas (Rm 7, 19). Nous aussi, nous sommes pécheurs. Mais cela ne nous empêche pas de grandir en sainteté. Notre histoire, malgré le mal et le péché qui la défigurent, est une histoire sainte que Dieu accompagne de sollicitude et de sa grâce.

Cet évangile nous libère d’un idéal de pureté qui n’est pas accessible en ce monde. Il nous faut apprendre à persévérer dans la sainteté malgré le mal qui fait pousser en nous l’ivraie. Le maître dit bien : laissez-les pousser ensemble. Le maître a plus de patience envers nous que nous-mêmes ! Nous, on voudrait tout arracher d’un coup. Mais Dieu calme nos emportements. Si Dieu nous invite au calme et à la patience, c’est parce qu’il sait que d’un mal peut sortir un bien. Le bienheureux Jean-Joseph Lataste, dominicain et prédicateur en prison au 19e siècle, le proclamait en son temps : « Les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints ». La sainteté, tout comme la pureté, est une histoire, un chemin que nous parcourons patiemment. Mais gardons l’espérance : l’ivraie n’a pas d’avenir. Notre avenir, c’est le bon grain que Dieu a semé en nous et les bons fruits que nous aurons fait pousser.

                                                                                                  Frère Jean-Baptiste Régis, dominicain