2026 - 7 Juin - Le saint-sacrement du corps et du sang du Christ

Written by Autre

EN NOUS

« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » La question, posée par les Juifs et relayée par Jean, n’a-t-elle pas habité chacune, chacun d’entre nous à un moment de notre vie de croyant ? En évoquant un pain qui tombe du ciel, l’auditoire de Jésus a forcément en tête la manne tombant du ciel dans le livre de l’Exode, sans laquelle le peuple hébreu serait mort de faim. La promesse ici est différente, et c’est ce que Jésus veut souligner. Cette fois, le pain qu’il offre à travers sa chair donne la vie éternelle. C’est peut-être sur cette éternité qu’il nous faut porter notre attention. Plutôt que d’être un futur hypothétique, le don de Jésus nous fait participer, depuis ici et maintenant, à cette vie en abondance qui ne finit pas. Dans cette communion où Dieu vient demeurer en nous, la trame de notre existence s’ouvre à une autre manière d’être, tournée vers cette promesse d’éternité et ce qu’elle implique pour nos vies, si nous la prenons au sérieux. Ce Dieu qui vient demeurer en nous, c’est ce qui nous prémunit de réduire notre foi à une éthique. Mais c’est aussi l’aiguillon de l’amour qui nous presse de vivre la communion telle que le Christ l’a enseignée. Et s’il y a forcément quelque chose qui nous dépasse dans ce médium qu’est l’hostie, son humilité correspond bien à la simplicité évangélique. Dans un bout de pain peut se tenir une puissance de salut.

                                              Marie Leduc-Larivé, théologienne     

2026 - Edito du 3 mai - Benoit XVI

Written by Pape Benoit XVI

Alors que s’approchait la Passion, Jésus rassure ses disciples en les invitant à ne pas avoir peur et à avoir la foi ; puis il instaure un dialogue avec eux dans lequel il parle de Dieu le Père. À un certain moment, l’apôtre Philippe demande à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit ». Philippe est très pratique et concret, il dit également ce que nous voulons dire : « Nous voulons voir, montre-nous le Père », il demande de « voir » le Père, de voir son visage. La réponse de Jésus est une réponse non seulement à Philippe, mais également à nous, et nous introduit dans le cœur de la foi christologique ; le Seigneur affirme : « Qui m’a vu a vu le Père ». Dans cette expression est contenue de façon synthétique la nouveauté du Nouveau Testament, la nouveauté qui est apparue dans la grotte de Bethléem : il est possible de voir Dieu, Dieu a montré son visage, il est visible en Jésus Christ. (…)

En Jésus, la médiation entre Dieu et l’homme trouve également sa plénitude. Dans l’Ancien Testament, il existe une série de figures qui ont eu cette fonction, en particulier Moïse, le libérateur, le guide, le « médiateur » de l’alliance, comme le définit également le Nouveau Testament (cf. Ga 3, 19 ; Ac 7, 35 ; Jn 1, 17). Jésus, vrai Dieu et vrai homme, n’est pas simplement l’un des médiateurs entre Dieu et l’homme, mais il est « le médiateur » de l’alliance nouvelle et éternelle (cf. He 8, 6 ; 9 ; 15 ; 12, 24) ; « car Dieu est unique — dit Paul —, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus » (1 Tm 2, 5 ; cf. Gal 3, 19-20). En Lui nous voyons et nous rencontrons le Père ; en Lui nous pouvons invoquer Dieu sous le nom d’Abba Père ; en Lui nous est donné le salut.                                                                               Benoît XVI