2026 - Edito du 26 juillet
La Parabole du Trésor Caché dans le champ porte une idée relativement simple : la valeur du Royaume est incommensurable et il est bon de tout consacrer pour le faire sien. Le Royaume est plus désirable qu’aucune autre valeur, jouissance, sécurité ou confort – que cette vie ne saurait nous donner. La parabole, cependant, conserve une sorte de difficulté dans son interprétation, car il ne s’avère pas si simple de trouver ce trésor. Jésus ne cesse de l’affirmer : le Royamume est dans le monde, à portée de main. S’il est si accessible, comment le découvrir ? L’une de nos grandes difficultés est que, spontanément, nous cherchons le Royaume à l’extérieur de nous-mêmes, tellement nous sommes convaincus de ne pas être des fils et des filles du Royaume. Saint Augustin a vécu la même expérience : « Et voici que tu étais au-dedans de moi, et moi, au dehors de moi-même et c’est là que je te cherchais. »
Mais précisément, puisque le Seigneur nous a donné l’Esprit de vérité et q’il a fait de nous ses fils, la parabole prend alors un autre sens possible, le champ n’est autre que mon cœur : un trésor est caché dedans. Découvrir dans sa vie la puissance du salut de Dieu conduit à tout mettre en œuvre pour vivre de ce salut dès à présent. Voici donc en quoi consiste l’achat de ce champ : vivre sa foi au risque du monde, cultiver la prière et la charité comme une seconde nature, laisser le Christ vivre en nous par la puissance de son Esprit. Le Royaume des Cieux lève en nous, en nous donnant de le manifester au-dehors pour tous les hommes et toutes les femmes qui y aspirent.
Père Sylvain BRISON, Revue Magnificat